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jeudi 7 juillet 2011

Humour noir...



Préambule

Quand la face Mélaninement marquée du Jamel comédy Club se réunie pour faire un film sur l'esclavage on peut se douter que l’œuvre risque fort de ne pas avoir l'aval des grands pontes de l'histoire, mais ce dont on peut être surs, c'est que pour le coup, le public aura sa dose d'humour noir!
Ceux qui me connaissent un et/ou qui trainent leurs guêtres sur ce blog doivent savoir que mon humour a tendance à être quelque peu corrosif, voire même borderline les grands jours d'infamie, il est donc logique que cet alignement du côté chaotique de l'humour (ouais, j'pense aussi à mon public rôliste) m'amène à aimer les salopards de la scène humoristique française: Gaspard Proust, Dieudonné (avant sa phase Don Quichotte de Yaoundé), Daniel Morin, Desproges dans la case nécrologique et bien sûr, Thomas N'gijol et Fabrice Eboué dans la case Bantou.
D'ailleurs, à propos de case Bantou je dois dire que le Cameroun a une tête de pont bien installée en France car parmi les trublions pré cités il y en a quand même 3 descendants de ce "fier" peuple d'Afrique centrale (Dieu que ces négros se la pètent!): Dieudonné le Camerounais-Breton, Fabrice Eboué le Camerounais-normand, Thomas N'gijol le Camerounais-hardcore, le constat est édifiant, la France a des reflets chocolats pour la gaudriole comme pour football.
Bref, ceci n’étant pas un post à la gloire de la black connexion je vais m’arrêter là avant de m’attirer la sympathie des afro-centristes et autres communautaristes de mama Africa.

Gibbons temporels

Revenons à notre film Case départ en commençant par présenter son pitch :
Régis (Fabrice Eboué) et Joël (Thomas N’gijol qui aime décidément ce nom à consonance bien DOM-TOMienne) sont deux demi-frères que tout oppose, le premier, métis de son état, né en Normandie et élevé par une mère blanche aisée a totalement renié son patrimoine noir et mène une petite vie bien rangée, adoptant à la perfection tous les codes ségrégationnistes de la société française (au grand dam de son épouse incarnée par Blanche également du Jamel Comedy Club), le second, lui s’inscrit dans la plus pure tradition du galérien "made in the Téci" aigri et convaincu que sa couleur d’ébène est à l’origine de son infinie déveine, il vient juste de sortir de prison pour un vol de sac à main et s’est fraichement converti à l’Islam.
Nos deux frangins n’évoluaient donc pas dans les mêmes sphères mais le destin va les réunir au chevet de leur guadeloupéen de père mourant qui leur lèguera avant de pousser son dernier soupir l’héritage de la famille Gros-désir, une lettre d’affranchissement. Hélas cet héritage n’est pas au gout de nos deux négropolitains(terme existant vraiment pour définir les populations afro-caribéennes vivant dans l’hexagone *SIC*) qui déchirent allègrement le bout de papier lourd de sens sous les yeux d’une grande tante rompue aux arts vaudous qui, ni une ni deux, les expédient en 1780 aux Antilles en plein boom esclavagiste. S’ensuivront des péripéties comico-temporelles enchainant de purs moments de WTF comme la première insémination négro-assistée ou encore le instants "National Geographic" nous en apprenant un peu plus sur les noirs, leurs mœurs et l’utilisation de leurs divers appendices proéminents , le tout sur fond de dénonciation de plusieurs maux affectant la société française : racisme ordinaire, "sur-intégration" (et donc désintégration de son propre patrimoine culturel), syndrome de persécution et rébellion systématique contre le système etc. etc.


"Dis Joël, c'est moi ou depuis "Back to the future III" les voyages dans le temps c'est plus ce que c'était"



Liberté, égalité et NTM!!!

Un film qui dénonce donc, mais sans sombrer dans des travers revendicatifs, il s’agit avant tout d’un film comique qui a pour but de divertir, n’y cherchez pas une superbe satire sociale ruant dans les brancards et appelant à la révolution, la touche de réflexion est ici un bonus savoureux qui peut être pris avec le film ou ignoré si on le souhaite.
Il sera d’ailleurs intéressant de noter que les diverses critiques présentes tout au long du film concernent aussi bien les blancs que les noirs/métis et les feront rire tout autant, et en cela le pari humoristique est largement remporté.

Verdict

En définitive un film à voir, ne serait-ce que pour ce pitre de Thomas N’gijol dont toutes les fibres du corps émanent d’une puissance hilarante dévastatrice (sa voix de "crevard-du-94" à elle seule est d’une redoutable efficacité), les multiples clins d’œil disséminés ça et là dans le film achevant de lui donner le statut d’immanquable pour tous les amateurs de comédies légères et incisives (on notera la réplique « Suis-je le gardien de mon frère » en référence au film des années 90 devenu culte pour moult basanés « New Jack City » avec le rappeur Ice-T en flic "africain" ultra javellisé et Wesley Snipes en baron de la drogue un chouïa caricatural).

15/20

Et pour les retardataires, la bande annonce du film:



A bientôt pour un post également sous le signe de la marée noire, et comme on dit par chez moi "Stay Tuned!"

5 commentaires:

  1. Apparemment 'Case départ' aura décomplexé pas mal de personnes.. (comme si la France en avait vraiment besoin...)

    pas étonnant qu'il retrouve une résonance dans une France qui à honte de son passé,se rassures sous couvert de gaudrioles...

    Sachant que le sujet est tabou en France ,
    pas de traitement scolaire,de réflexion autour du sujet,
    (comme si cela ne faisait pas parti de l'histoire de France) un traitement historique eut été pédagogique

    mais apparemment il plus facile de ne pas distribuer un récit historique( Miracle at St Anna) que de produire un film qui folklorise l'esclavage...

    *http://www.youtube.com/watch?v=woC6BXZX7Go

    *http://www.20minutes.fr/ledirect/754933/tf1-condamnee-payer-32-millions-euros-spike-lee

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  2. il n'y a pas que la france qui est coupable on vas dire qu'une bonne majorité d'états Chréti(e)n est responsable.

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  3. Je partage votre avis chers visiteurs, le ton du film et la manière d'aborder un sujet si sensible est effectivement une pirouette pour éviter certaines vérités qui dérangent et qui auraient pu porter atteinte au plan marketing de ce film qui se veut plus "divertissant" que dénonçant.
    MAIS, il me semble que dénoncer n'ait jamais fait partie des objectifs premiers de notre duo pour ce film, mais constituait plutôt un bonus, une "inception" pour nous titiller et nous permettre d'approfondir le sujet si nous le souhaitons.Pour ce qui est du film "miracle à Ste Anna" que j'ai particulièrement apprécié, je ne pense pas qu'il y ait des artistes aussi engagés que Spike Lee dans l'hexagone pour prendre de tels risques pour le moment (bizarrement je verrais bien Dieudo le faire mais vu qu'il est détesté par les masses la perte sèche pour lui risque de lui être fatale financièrement).
    Bref, je suis navré pour vous si vous pensiez trouver un brulot historique en cé film, il espérait que vous vous soyez trompés d'adresse.

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  4. Ah et Link, même si je suis moi-même Chrétien, je vais garder une approche objective pour répondre à ton terme "États Chréti(e)ns":
    la religion Chrétienne, comme l'énergie atomique ou les pan-cakes, n'est pas intrinsèquement nuisible pour l'homme, mais une mauvaise utilisation de leur substance: l'énergie atomique éclaire les villes, mais peut également les rayer de la carte, les pan-cakes sont succulents mais en abuser et y rajouter des matières grasses supplémentaires peut favoriser l'obésité, enfin, la religion Chrétienne prise pour ce qu'elle est, sans détournements et interprétations fumeuses n'encourage pas l'esclavage et le décrie même en présentant le calvaire juif en Égypte. Le problème vient du fait que lorsqu'une idée, un courant de pensée/une religion est acceptée par les masses, l'Homme y trouve une arme potentielle qui lui permet de faire accepter ses ambitions.
    Petit exemple:
    Adolphe Hitler (qui de ses propres mots a décrié la religion Chrétienne, considérant qu'elle véhiculait des idées de faibles contrairement à l'Islam qui "aurait permis d'asseoir la suprématie martiale de l'Europe") a utilisé la pensée philosophique ATHÉE de Nietzsche et la classification des espèces SCIENTIFIQUE de Darwin pour servir de support à son projet d'épuration hébraïque. On notera également que selon les critères de classification de sieur Darwin (que je respecte pour ses découvertes), les belges avaient segmentés la population Rwandaise en inférieurs et supérieurs, instaurant ainsi une société inégale basée sur la science qui causera, des décennies plus tard, le génocide Rwandais.
    Comme je veux garder une approche objective je ne tirerai pas de conclusions vous laissant la liberté de vous forger vos propres opinions (que je vous invite à partager sur cet espace d'expression mes chers amis!).

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  5. C'est vrais que j'ai été un peut crus peut être un peut trop radicale (j'ai tendance a plaisanter facilement sur la religion ^^' desolé) je maintiens donc que la religion est une forme de spiritualité qui doit être respecter, comme le shamanisme etc. Je situais juste la dominante de l'époque, en voulant préciser que la France n'était pas seul dans la machine de l'esclavage. Bien sur l'esclavage existe depuis très longtemps et ce n'est pas le christianisme qui l'a créer.

    En tout cas j'ai kiffer la bande annonce =3.

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