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samedi 3 septembre 2011

L'envers du décor des pubs, seconde cible: SFR

Bienvenue dans cette deuxième chronique de l’envers du décor des pubs, cette fois-ci consacrée à la nouvelle campagne publicitaire de la compagnie de téléphonie mobile française SFR.

Situons les choses pour commencer :

Vous n’aurez pas manqué de remarquer que la dernière série de spots publicitaires de SFR est fortement axée sur une relation de confiance indéfectible existant entre le géant des télécoms et ses clients, qu’ils soient professionnels ou qu’il ne s’agisse que de simples particuliers.
Au niveau marketing, ce type de démarche consiste à permettre au client de percevoir la qualité du service proposé et l’étendue de la promesse faite par la compagnie mais aussi et surtout de matérialiser le lien entre l’entreprise et le consommateur.
Cet étalage de la nature bienveillante de la compagnie s’est donc effectué par des scénettes caricaturant des situations réelles de manière bien affligeante, constituant encore une fois un bon gros coup de pied dans les bijoux de famille de la morale et des règles de bonne conduite..

Je m’explique :

-Dans la pub SFR pro/Business team nous avons un chef d’entreprise qui s’informe auprès d’un membre de son staff des avancées du point de vue communication dans l’entreprise. Le responsable visiblement déconnecté des réalités de sa boite parait ne pas prendre la mesure des réalités opérationnelles et passe clairement pour un inculte, voire même le dernier des pécores devant son subordonné (qui ne manque pas de le lui signifier avec un ton assez sarcastique et dédaigneux).



Cette publicité foulant déjà du pied les rapports hiérarchiques dans les entreprises voit maintenant débarquer sa petite sœur, montrant, elle, notre patron béotien se faire rabrouer devant un client et se voir même signifier que sa présence était indésirable.
*Note du rédacteur: ladite publicité étant pour le moment introuvable sur le web (ou alors j'ai cherché comme une poutre, auquel cas veuillez m'indiquer sa localisation mes chers amis!), pour l'instant je vous propose donc seulement mon interprétation dessinée de son esprit si "free et rebelle":


Peut-être parce que je poursuis mes études dans le domaine du marketing, mais ces deux pubs constituent pour moi la représentation d’une entreprise aux relations managériales complètement foireuses avec une circulation de l’information inexistante et un respect de la hiérarchie mort depuis belle lurette (est-ce parce que SFR se grime de rouge que la figure patronale doit passer pour le nigaud de service tout juste bon à se faire cracher à la gueule). D’ailleurs la nouvelle pub de l’émission radio de Manu montre comment traiter encore plus son boss comme une merde.

Ne nous voilons pas la face, une telle entreprise avec des fondations aussi viciées risquerait de ne pas faire long feu dans un monde où l’esprit d’entreprise et l’importance d’un bon réseau à la communication efficace entre les différents services et postes sont indispensables pour la survie, mais bon, nous imaginerons que donner des leçons de management n’était pas dans les objectifs premiers de ce spot.

-Dans une des publicités SFR particuliers promouvant le service autour de la neuf-box nous assistons tout bonnement à une triste scène familiale où une jeune fille visiblement très en colère parce que sa mère a osée repasser un de ses Jeans, s’ensuit une scène d’une extrême violence psychologique où l’adolescente « incendie » ses géniteurs, leur signifiant son dégout pour eux et leur nullité.



En quelques secondes défilent devant nos yeux, les conséquences d’une société de l’enfant roi où petit à petit les parents auront troqués leurs rôles d’éducateur et de guide contre ceux de serviteurs et de vulgaires mannes financière.
Cette démonstration d’insolence et de révolte pré-pubère en fera surement sourire certains, les parents qui dans ce genre de situations sont adeptes de la phrase suivante ô combien irritante: « Haha, elle a du caractère notre fille ! », et ce même très tôt, au moment où des « rapports de force » commencent à s’établir à cause d’une recherche de marques du rejeton.
Bref, cette publicité n’est que le miroir d’une société biberonnée au Dolto mais qui aurait subi des effets secondaires bien pervers.

Je terminerai sur cette pub par évoquer la transposition de certaines valeurs d’un modèle culturel à un autre, défi que les entreprises se doivent de réaliser en ces temps de mondialisation. En effet, une entreprise, lorsqu’elle part à la conquête d’un nouveau marché dont le modèle culturel est différent de celui dans lequel elle a jusqu’à lors évolué, doit prendre ses marques et s’adapter afin de mieux « matcher » avec les attentes, la réalité des nouveaux consommateurs potentiels. On évitera donc de faire une publicité Orangina avec une truie non voilée en Iran pour respecter les sensibilités locales.

A cet effet, imaginons cette publicité transposée à une famille africaine lambda (appelons-la la famille Niang)et les conséquences de cette manifestation de colère juvénile:

...Ou même, en ne changeant ni de continent, ni de modèle culturel, plaçons cette publicité en Europe mais à une autre époque (disons quelques siècles auparavant) et observons comment pourrait être récompensée notre jeune forte tête :

Voili Voilou, je ne veux pas me faire le défenseur de la morale et de la vertu mais j’estime qu’il est nécessaire (ou tout du moins amusant) de relever ces quelques points un peu surprenants chez un des acteurs majeurs de la téléphonie française.

Pour finir une petite note de réflexion : au regard de tous les éléments pré-cités, le chef d’entreprise n’a peut-être pas perdu sa figure paternelle, c’est peut-être plutôt la figure paternelle elle-même qui a évolué pour devenir maintenant un synonyme de « sous merde génératrice de pognon ».

A vos marques prêts, commentez !

1 commentaire:

  1. La manière dont tu croises les regards est super intéressante : sociologiques, professionnelles, relations inter-personnelles, intra-familiales etc...
    Bravo !

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