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mercredi 29 décembre 2010

Avoir autant de finesse qu'un bazooka c'est fatal!


Préambule

Quand Ben Stiller veut faire une critique du cinéma américain et de ses stars, ça donne le film incongru mais plus qu’honnête « Tropic Thunder ». En France de telles initiatives Cinématographico-Pamphlétaires nous prodiguent « Fatal » de l’artiste comique conceptuel Michael Youn déjà auteur des inoubliables « La Beuze » et « Les onze commandements » (quel palmarès de ouf malade me direz vous n’est ce pas ?!).
Fatal n’était donc pas le premier méfait essai cinématographique du sieur Youn, mais à la différence de ses prédécesseurs qui misaient sur un humour gras et primaire décomplexé (l’intrigue du premier tournait autour des aventures d’Alphonse Brown un narco trafiquant blanc minable convaincu d’être le fils de James Brown tandis que celle du deuxième…eh ben, je ne veux même pas en parler, on dira juste que les Juifs ne sont plus ce qu’ils étaient dans leur interprétation des propos divins), « Fatal », lui tente de nous délivrer une « satire humoristique mordante ».
Oui, dire que Michael Youn fait une satire critiquant une société abrutie par la télé et des productions musicales de m*rde, ça ne fait pas sérieux mais c’est bien ce qu’il a tenté de faire avec « Fatal »…avec (beaucoup) moins de génie que Rafchan et son manga badass « Debaser ».

THE BPitch

Fatal Bazooka est un rappeur adulé par les foules qui « se la donne grave », il roule sur l’or et a un ersatz de Paris Hilton comme tendre moitié, le problème c’est qu’à force d’être grisé par son succès, Fatal Bazooka s’est détourné de ses fans et prend tout le monde de haut. Cette attitude méprisante n’aurait surement pas été un problème si un chanteur représentant de la nouvelle vague d’artistes hermaphrodites électro-pop nommé Chris Prolls n’avait pas fait son apparition sur la scène musicale.
Je ne vais pas détailler la suite des évènements mais on va dire qu’à la suite d’un schéma classique de « descente aux enfers de l’artiste torturé », Fatal Bazooka se retrouve ruiné, délaissé par sa riche pouffe et est contraint de retourner dans sa Savoie natale pour s’y retrouver.
Vous me direz que tout cela ressemble fort à « Zoolander » de Ben Stiller, eh bien vous auriez bien raison, car la relation comique entre Michael Youn et Stéphane Rousseau est la copie conforme de celle qu’il y avait entre Ben Stiller et Owen Wilson dans Zoolander, je veux dire la rivalité entre l’ancienne star Brune et le rookie arrogant blond. On pourrait même crier au plagiat tant certains points sont pompés sur le film de Ben Stiller : Chris Prolls a exactement le même délire d’écolo bobo qu’Owen Wilson et Michael Youn lors de son retour au source, essaie, comme Ben Stiller, de se mettre au métier manuel auquel il avait renoncé pour les lumières du showbiz (Berger pour le premier, mineur pour le second).
Le film n’est toutefois pas dénué de ses propres idées…complètement crétines et/ou mal exploitées hélas. C’est un fait, notre ex mister « morning live » avait de bonnes intentions en faisant ce film, on y perçoit, entre deux gags lourdingues quelques maladroits essais de critiques envers une société musicale de consommation gangrenée par des productions effarantes de médiocrité. C’est d’ailleurs les bribes de ce désir de proposer un film de qualité (et les mauvais conseils d’un ami en école de commerce ;p) qui m’ont amené à voir ce film.
Le problème vient du fait que la culture est comme un couteau à double tranchant, tout le monde peut se la procurer mais c’est l’intelligence de son acquéreur qui détermine sa bonne utilisation ou non : n’ y allons pas par quatre chemins Michael Youn se foire ici complètement dans sa tentative à nous fournir une comédie satirique décomplexée, à croire que le fait d’être diplômé d’une école de commerce n’est pas garant de capacités intellectuelles fulgurantes….

Conclusion

Donc pour résumer le tout, nous avons donc là un essai de broderie fine réalisé avec des moufles (savoyardes), desservi par des gags faciles et/ou éculés (la gamelle spectaculaire de Fatal est un pur copier collé de celles qui caractérisent Homer dans "Les Simpsons", et même s’il s’agissait là d’un hommage, le résultat fait peine à voir).Mention spéciale tout de même à Fabrice Eboué qui aura été excellent, nous délectant à chacune de ses apparitions à l’écran de son humour noir.
Beaucoup de volonté pour un résultat inégal au final et un sentiment de gros gâchis qui vous suit tout au long du film.
Fatal nous démontre encore une fois qu’il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que sa connerie sur des choses intelligentes…

Gros verdict dans ta face : 08/20

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