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jeudi 13 octobre 2011

... ......(The artist)

Préambule

Navré pour cette tentative foireuse d'originalité pour le titre de ce qui va être ma review sur le dernier film de Hazanavicius (OSS 117 1 et 2) avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo: The artist.
Pour ceux qui auraient hiberné prématurément et qui ne sauraient pas qu'un réalisateur français défonce tout sur son passage de par le monde grâce à son pari de se placer dans la double catégorie film en noir et blanc et muet!



C'était mieux avant

Je vais directement balancer le pitch du film afin de pouvoir lui trifouiller les tripes librement, et croyez-moi sur parole (héhé...désolé), il en a dans le bide le petit.
En gros, il s'agit de l'histoire de George Valentin (Jean Dujardin) une star cabotine du cinéma muet qui se trouve confronté du jour au lendemain à l'arrivée de la parole dans le septième art, et à la fraicheur de Peppy Miller (Bérénice Béjo)une jeune figurante qui en veut...vous devinez la suite.
Précisons d'ailleurs que l'histoire s'inspire dans les grandes lignes de celle de John Gilbert et Greta Garbo mais de manière plus gaie tout de même.


Nous assistons donc à une leçon accélérée et romancée d'histoire (tout court comme du cinéma) avec une couverture d'une période cruciale s'étendant de 1927 aux années trente, nous permettant entr’apercevoir des joyeusetés comme la crise de 29 (instauratrice du base-jumpin' de traders en milieu urbain) et les avancées technologiques de l'époque. Mais on ne peut parler de The Artist correctement sans évoquer l'auréole formée autour d'un charme désuet du plus bel effet, nous rappelant qu'avant les animatronics, la 3D et autres subterfuges servant à habiller les films actuels, il existait un cinéma différent, plus "humain".



******Parenthèse nostal-geek******

Mon passif de Gamer m'a amené plusieurs fois durant le film à établir des parallèles avec l'univers des jeux-vidéos et le charme des vieux RPG par exemple où les personnages, petits sprites, sautillaient sur place pour nous communiquer leur émotion, où les musiques jouaient pour beaucoup dans le ressenti de l'aventure, des moments clés: comparons les ambiances des opus 6,7 et 8 de Final Fantasy celles du treizième, ce dernier a beau être une grosse claque graphique, être über burné etc., son ambiance n'arrive hélas pas à obtenir le "Goose-Bump effect" de ses vénérables aïeuls... Et ce n'est pas du vieux-connisme de base, au niveau artistique, la technique ne fait pas tout, il y a besoin d'autre chose, un plus difficile à expliquer qui ne sortira jamais des savants calculs d'une machine mais bel et bien des tripes t'entends!? L'amour du rétro touche le cinéma après la bande dessinée et le jeu-vidéo, à quand le tour du sport avec le retour des matchs de basket en mini-shorts?...Euh en fait non sans façons...



Nuff said...



Fin de la parenthèse nostal-geek


Ah et d'ailleurs en parlant de basket, comme dirait un grand homme amateur de Air Jordan "Tout l'art du maitre est là, le reste n'est que fioriture": Jean Dujardin est un acteur certes complet, mais il excelle de par ses prestations visuelles, il a une "gueule", véritable vecteur d'émotions, son jeu est magnifié par l'absence de sa gouaille habituelle (qu'on l'aime ou non).
Bérénice Béjo n'est pas en reste non plus, son délicieux minois jonglant avec espièglerie et innocence nous régale à chacune de ses mimiques, sans parler de son langage du corps, loin de l'érotisme transpirant de la production cinématographique actuelle, ici, la nymphette, malgré ses atouts anatomiques n'aguiche pas comme une vulgaire gourgandine, elle nous charme par sa légèreté et la fragilité qui va de paire. Ajoutons à cela des personnages secondaire et des guests de classe internationale comme John Goodman (The big Lebowski) et Malcolm McDOwell (A clockwork Orange), Me Like!














No country for (a not so) old man

George Valentin est l'archétype du personnage déphasé qui peine à passer d'une époque à l'autre mais que son orgueil rattache à sa gloire passée, son cauchemar soulignant son décalage vis-à-vis de son époque. Le film joue sur les codes qu'il a instauré dès les premières secondes pour nous présenter le désarroi du héros et va lorgner du côté des mythes et de la symbolique pour marquer les passages cruciaux et les différentes étapes de la chute de notre pauvre diable.
Une symbolique pas très fine mais bien représentée avec la descente aux enfers (au sens propre comme figuré) de Jean Dujardin à partir de sa ruine passera son temps à descendre des escaliers.


Présence également de l'élément liquide, passerelle entre le monde des vivants et celui des morts/des enfers en l'alcool, avec cette séquence où l'image du héros se confond avec son reflet, le liquide servant alors d'élément de repère. A cet effet, ne sommes nous pas passés de l'autre côté du miroir par ce rituel de traversée d'un Styx éthylique (Valentin va même jusqu'à vendre sa tenue d'apparat pour s’acquitter de son tribut à un Charon incarné en chaque liquoriste), nous assistons dès lors à la course désespérée d'un spectre désincarné, d'un reflet après son essence charnelle disparue: plusieurs fois Valentin admire une image de lui passée, la scène devant la vitrine achevant de souligner cet aspect).



La narration s'avère donc posée, sans fausses notes, un hommage, oui, mais un hommage intelligent et inspiré, l'aspect volontairement rétro servant le film et non l'inverse. En effet, le message de "The Artist", bien que relevant d'une époque bien révolue, n'a pas vieilli et pourrait être appliqué à tous les violents changements de médias ou de tendances, les consommateurs étant très versatiles et leur amour éphémère. Nous noterons avec amusement le rôle des prescripteurs médiatiques jouant pour beaucoup pour ce qui est d'imposer les nouveaux standards et pousser gentiment mais surement à grands coups de high kicks dans la tronche les vieux vers la sortie: quand ceux qui sont censés nous proposer une information objective s'improvisent VRP de luxe, eh ben ça donne une concurrence biaisée du plus bel effet! Le réalisateur, même s'il bénéficie en ce moment de l'aval des critiques semble ne pas vraiment apprécier leur tendance à décider de la pluie et du beau temps, propulsant des œuvres vers le firmament et précipitant d'autres vers les abysses, selon une logique de gros sous induisant des conflits d'intérêts ou de leur humeur du moment (j'ai cru remarquer un "Mood Movies" dans le lot des magazines encensant Peppy Miller).

End Credits

Bref, j'ai pris une petite gifle silencieuse l'air de rien (m'enfin pas tant que ça vu que le public de vieilles demoiselles derrière moi se gaussait et ponctuait les actions, remplaçant le travail du bruiteur d'Hazanavicius!)
Même si je m'y attendais, je dois dire que ce film est d'une qualité peu commune pour une production française, non que je dénigre les pellicules gauloises, mais je dois dire que la prise de risque est souvent minime et le ton, chiant morose:"à quoi bon tenter autre chose lorsqu'on est reconnus et encensés dans le monde entier pour nos films à regarder un dimanche pluvieux bien pourri?!"


"Je fais du cinéma d'auteur moi, t'entends?! Alors reste tranquille!"




Un groupe de jeunes imprudents égarés à une "séance Télérama"...Certains garderont des séquelles à vie (je crois même qu'il y en a un qui s'est fait chier sa race et qui est devenu noir)


Je caricature (à peine), je compte bon nombre de films français parmi mes références...qui appartiennent pour la plupart à l'époque du noir et blanc mais parlant tout de même (vous imaginez la Gaboune sans sa voix éraillée de vieille crapule blasée?!).
Il ne faut pas voir "The Artist" comme un produit buzz surfait ou une obscure œuvre bobo-érectile servant à alimenter des discussions pseudo conceptuelles sur fond métaphysique, mais comme un cri d'amour d'un réalisateur au vieux cinéma et une tentative de proposer quelque chose de neuf avec du vieux (du côté entertainment et spectateurs) et de vieux avec du neuf (du côté réalisation et acteurs).
Vous qui recherchez une expérience cinématographique rafraichissante ou qui êtes sujets à des trips revival et nostalgiques ou tout simplement quidams en dèche de films à voir, je ne saurai que trop vous proposer de vous ruer dans les salles obscures pour visionner ce "The Artist", copie parfaitement maitrisée et audace artistique récompensée par un résultat visuel et émotionnel plus qu'appréciable.
Je suis pas loin d'en rester sans voix...
18/20.

Bonus: Saurez vous repérer tous les vieux abus du champ lexical de l'expression orale? Les premiers à tous les retrouver auront droit à un petit cadeau...ou pas!

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